Une famille Kabyle dans la guerre d’Algérie

Acheter le livre

 

Une famille Kabyle dans la Guerre d'Algérie

UNE FAMILLE KABYLE DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE 

Livre autobiographique, « UNE FAMILLE KABYLE DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE » retrace l’histoire d’une famille de Camp du Maréchal, en Kabylie, forcée à l’exil en pleine guerre d’Algérie. Un saut dans l’inconnu et un destin qui bascule soudainement  et complètement.

« UNE FAMILLE KABYLE DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE » c’est le récit d’une enfance, marquée par le malheur et la souffrance liés à cette guerre.

« UNE FAMILLE KABYLE DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE » c’est aussi un témoignage des atrocités de cette guerre tellement stupide.

« UNE FAMILLE KABYLE DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE » c’est aussi l’histoire d’une amitié, brusquement interrompue, entre un petit indigène (fils de maquisard) et un petit Français.

Extrait:

Octobre 1956, le 27 du mois, cinq heures du matin, ma grand-mère sortit de sa couche alors qu’un grand silence enveloppait notre maison. Elle se faufila vers la porte, à pas feutrés, entre nos corps allongés. C’était l’heure de la première prière de la journée, celle du lever du jour. Son devoir religieux à peine accompli, cependant que l’aube pointait son nez, on frappa violemment à la porte extérieure. « Mais qui cela peut-il bien être à cette heure si matinale ? » s’inquiéta-t-elle. Elle traversa la cour, s’immobilisa devant l’entrée et prêta l’oreille. Elle sursauta, quand on cogna plus fort encore. Elle respira un bon coup, maudit Satan et demanda :

— Qui est-ce ?
— Ouvrez, c’est l’armée ! 
— Mon Dieu !

Pour quelqu’un qui venait de faire preuve de dévotion envers Dieu, ce n’était vraiment pas de chance. Le silence revint, de nouveau, alors que la panique s’était emparée d’elle. Elle était comme paralysée, ne sachant ni que dire, ni que faire. Son cœur battait comme dans les épouvantes et la peur lui tordait le ventre, douloureusement. « Des militaires à cette heure-ci, songea-t-elle, cela n’augure rien de bon. La situation est grave, très grave même. » Plongée dans les pensées les plus pessimistes, elle n’entendait même plus les coups de boutoir assénés à la porte. Elle ne la quittait plus des yeux, car elle était sur le point de céder. Une folle envie de hurler la saisit dans toute sa chair. Elle émit un cri quand Saïd, son second fils, apparut derrière elle.

— Maman, c’est quoi tout ce vacarme !
— Les militaires, mon fils. Que veulent-ils à cette heure-ci ?
— Ce n’est sûrement pas une visite de courtoisie !
— Crois-tu que nous allons avoir des ennuis ? 

Quand il ouvrit la porte, sa mère n’eut même pas le temps de s’écarter. Un premier, puis deux autres militaires, firent irruption, la bousculant et la renversant sur leur passage. Ils s’immobilisèrent au milieu de la cour, dos à dos, arme au poing. Pour ma grande famille, le glas venait de sonner.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *